Combien de vos anciens stagiaires ont retrouvé un emploi 6 mois après la fin de leur formation ? Cette question, aujourd'hui posée en interne par chaque organisme sérieux, pourrait bientôt trouver une réponse publique, affichée à côté de chaque formation. C'est l'ambition d'un nouvel indicateur, l'InserScore formation, annoncé dans le cadre du plan gouvernemental « Emploi futur ».
Rien n'est encore en ligne, aucun décret n'est paru et aucune date de déploiement n'est fixée. Mais le principe est posé, et il change la manière dont un candidat pourra comparer 2 formations avant de s'inscrire. Autant comprendre le mécanisme maintenant, et commencer à réunir les preuves qu'il faudra montrer le jour venu.
Une note publique pour chaque formation : ce que prévoit le plan
Le plan « Emploi futur » a été présenté le 7 mai 2026 par les ministères du Travail, de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Jeunesse. Son ambition principale : augmenter le taux d'emploi des 16-25 ans, alors que la France affiche un taux d'emploi des jeunes de 34,3 % fin 2025, dans la moyenne européenne mais nettement en retrait sur l'Europe du Nord.
Le plan se découpe en 15 mesures réparties sur 3 axes stratégiques :
| Axe | Objectif affiché |
|---|---|
| Axe 1 | Accompagner l'orientation des jeunes, les former, les sensibiliser aux métiers qui recrutent |
| Axe 2 | Rapprocher les jeunes de l'entreprise, tout en renforçant la sécurité au travail |
| Axe 3 | Prévenir les ruptures de parcours et engager les jeunes dans des parcours individualisés |
C'est dans le premier axe que se loge la mesure qui concerne directement votre offre de formation : la mesure 1, intitulée « Création d'InserScore : mieux informer sur le marché du travail pour mieux orienter ». Elle consiste à enrichir des bases de données déjà existantes plutôt qu'à repartir de zéro, un principe détaillé dans le dossier de présentation du plan gouvernemental pour l'emploi des jeunes.
Le même dossier rappelle pourquoi ce chantier est jugé prioritaire. Le Conseil d'analyse économique observe que les jeunes sortis du système scolaire à 18 ans affichent, 2 ans après la fin de leurs études, un taux d'emploi inférieur de 15 points à celui des jeunes allemands et de 30 points à celui des jeunes britanniques. La durée d'insertion, pas seulement le taux final, est devenue un sujet politique à part entière : c'est ce que l'InserScore doit rendre visible, formation par formation.
InserScore : insertion et salaire médian, formation par formation
L'InserScore doit s'appuyer sur 2 dispositifs déjà en place : InserJeunes, qui suit les débouchés des formations de l'enseignement secondaire professionnel, du CAP au BTS, et InserSup, son équivalent pour l'enseignement supérieur. Aujourd'hui, ces données existent mais restent incomplètes et peu exploitées par les interfaces que consultent les jeunes et leurs familles.
Ce ne sont pas des outils marginaux. La plateforme 1jeune1solution, désignée comme l'un des futurs canaux de diffusion de l'InserScore, rend déjà chaque année un service à plus de 25 % de la génération des 15-30 ans, un niveau d'usage qui donne une idée de la caisse de résonance que prendrait un indicateur relayé sur cette même plateforme.
La mesure prévoit un double élargissement :
- Couvrir l'ensemble des formations professionnelles initiales, pas seulement une partie du champ actuel.
- Disposer des résultats à l'échelle de chaque établissement, et non plus seulement en moyenne nationale ou régionale.
Sur le principe, l'objectif est simple à formuler : donner à chaque candidat un indicateur unique pour comparer les formations selon leur taux d'insertion professionnelle et, selon les premières annonces, le salaire médian constaté à la sortie. C'est ce double critère, résultat d'emploi et niveau de rémunération, qui distingue l'InserScore d'un simple taux de réussite à un examen.
3 canaux de diffusion sont cités dans le dossier de présentation :
- La plateforme 1jeune1solution, référence actuelle pour l'orientation des jeunes.
- Une future application dédiée, encore en construction.
- La plateforme Avenir, portée par les mêmes ministères.
Concrètement, un candidat pourrait un jour ouvrir la fiche d'une formation, sur une plateforme comme l'espace où sont aujourd'hui publiées les offres éligibles au CPF, et y trouver un score construit sur les résultats réels des sessions précédentes plutôt que sur le seul descriptif du programme.
Ce qui n'existe pas encore : ni affichage, ni date, ni décret
C'est le point sur lequel il faut rester le plus prudent, et il mérite d'être posé clairement, sans ambiguïté.
| Confirmé par le plan | Pas encore fixé |
|---|---|
| La création d'un indicateur InserScore (mesure 1) | La date de mise en ligne |
| L'appui sur les données InserJeunes et InserSup | Le texte réglementaire d'application |
| Une diffusion via des plateformes numériques de l'État | La méthode de calcul définitive et le périmètre exact des formations couvertes |
2 idées reçues circulent déjà et méritent d'être corrigées avant qu'elles ne s'installent durablement dans les échanges entre organismes :
- L'InserScore n'est pas déjà affiché sur EDOF. Aucune application, sur aucune plateforme de l'État, n'affiche aujourd'hui cet indicateur : ni EDOF, ni 1jeune1solution, ni la plateforme Avenir, pourtant citées comme futurs canaux de diffusion. Le dispositif reste au stade de mesure annoncée, avant même la phase de construction technique.
- L'InserScore ne remplace pas Qualiopi. Les 2 dispositifs mesurent des choses différentes et resteront distincts : Qualiopi certifie un processus, la manière dont un organisme conçoit et pilote ses formations, tandis que l'InserScore doit comparer un résultat, ce qu'il advient réellement des stagiaires une fois sortis. Un organisme certifié Qualiopi devra composer avec les 2 logiques en parallèle, sans qu'aucune ne dispense de l'autre.
Ce flou n'est pas un détail à ignorer. Annoncer à un prospect ou afficher sur un support commercial un « InserScore » qui n'existe encore sous aucune forme officielle exposerait un organisme à une communication trompeuse, sans compter le risque de devoir tout corriger une fois le dispositif réellement défini. La prudence dans les mots employés aujourd'hui vaut mieux qu'une promesse à retirer demain.
À ce stade, ni décret ni calendrier officiel de déploiement n'a été publié. Ce flou n'est pas une raison d'attendre : c'est plutôt le moment le plus favorable pour préparer ses propres chiffres, avant que la comparaison ne devienne publique et incontrôlable.
Trouver ses clients quand vos chiffres deviennent l'argument
Un organisme qui connaît déjà son taux d'insertion réel n'a pas besoin d'attendre l'InserScore pour s'en servir. C'est même l'inverse : des résultats solides, documentés et présentés clairement constituent dès aujourd'hui un argument commercial, que la note existe ou non. Un organisme certifié Qualiopi a d'ailleurs déjà l'habitude de cet exercice : le référentiel national qualité lui impose de suivre des indicateurs de résultats, une matière proche de celle que l'InserScore doit un jour agréger à l'échelle de chaque établissement.
C'est exactement le terrain sur lequel un accompagnement en contenu et en publicité ciblée prend tout son sens. La méthode part d'un diagnostic partagé : ce que vous vendez, votre zone de recrutement, la promesse qui vous distingue et les preuves déjà disponibles, avis, résultats, parcours d'anciens stagiaires. Ces éléments alimentent ensuite un calendrier de publications et des créations publicitaires écrites pour votre activité, jamais pour un modèle générique.
- Un positionnement écrit noir sur blanc : la promesse, le client visé, les preuves à montrer.
- Un calendrier de contenu qui prévoit, semaine après semaine, l'angle et l'accroche de chaque publication.
- Des campagnes publicitaires installées et prêtes à diffuser directement dans votre compte, avec un suivi des demandes qui arrivent.
Transformer des chiffres réels, vérifiés, en preuves visibles pour un futur candidat qui hésite entre 2 organismes : voilà ce qui fonctionne avant, pendant et après la mise en place d'un indicateur national. Attendre la publication officielle de l'InserScore pour commencer à parler de ses résultats, c'est laisser d'autres organismes occuper ce terrain en premier.
Préparer ses chiffres d'insertion dès maintenant
Pas besoin d'attendre un décret pour commencer. Un organisme peut construire, dès aujourd'hui, la matière première que l'InserScore lui demandera un jour de produire, et qui lui sert déjà à convaincre. Cette cadence de 6 puis 12 mois n'a rien d'arbitraire : c'est déjà la logique retenue par InserJeunes et InserSup, qui mesurent l'insertion en emploi établissement par établissement tous les 6 mois, jusqu'à 24 mois après la sortie pour le premier et 30 mois pour le second, un mécanisme détaillé par une étude Insee consacrée aux 2 dispositifs.
4 actions concrètes, réalisables sans attendre une échéance officielle :
- Recenser vos anciens stagiaires et leur situation professionnelle 6 mois, puis 12 mois, après la sortie de formation. Un simple tableau de suivi, mis à jour à chaque promotion, suffit pour démarrer.
- Conserver les preuves : attestations d'emploi, contrats, messages de remerciement, avis publiés spontanément. Ce sont ces documents, pas un ressenti général, qui feront foi le jour d'un contrôle ou d'une demande de justification.
- Calculer votre propre taux d'insertion formation par formation, pas seulement en moyenne globale, qui masque souvent de fortes disparités entre 2 sessions ou 2 spécialités proches.
- Recouper ce suivi avec les indicateurs de résultats déjà attendus par le référentiel national qualité Qualiopi, pour éviter de tenir 2 dossiers séparés sur le même sujet.
Cette base sert déjà à 2 choses : rassurer un financeur ou un contrôleur qui demande une preuve d'efficacité, et nourrir le discours commercial adressé à un futur candidat. Le jour où l'InserScore prendra une forme concrète, les organismes qui auront déjà ce suivi en place n'auront qu'à le transmettre. Les autres devront le reconstituer dans l'urgence, sous la pression d'une échéance qu'ils n'auront pas anticipée.
La différence entre les 2 situations ne se joue pas le jour de la publication du décret. Elle se joue maintenant, dans la manière dont chaque promotion sortante est suivie, ou non.
Conclusion
L'InserScore n'existe pas encore : pas d'application en ligne, pas de décret, pas de date. Ce que confirme le plan « Emploi futur », c'est la direction : un indicateur unique, construit à partir de données d'insertion déjà collectées, qui doit permettre de comparer les formations sur des résultats plutôt que sur des promesses.
3 réflexes suffisent pour aborder cette évolution en position de force plutôt que de rattrapage :
- Suivre le devenir de vos stagiaires à 6 puis 12 mois.
- Garder les preuves qui documentent ce suivi.
- Vous en servir dès maintenant pour construire un discours commercial fondé sur des résultats réels.
Le jour où la note deviendra publique, elle ne fera que confirmer ce que vos chiffres disent déjà.
